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Alimentation des animaux
L'alimentation des bovins et des ovins en France
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L’alimentation des boeufs et des génisses de race à viande
Ces animaux à croissance lente, engraissés jusqu’à l’âge de trois ans en moyenne, donnent une viande de qualité réputée. Après avoir passé environ huit mois au pâturage avec leur mère et avoir été sevrés, leur régime alimentaire alterne des phases de pâturage exclusif, sans autre aliment, au printemps, en été et en automne, avec des phases d’alimentation en bâtiment l’hiver, quand l’herbe ne pousse plus, reposant sur du foin ou autre fourrage conservé, plus des céréales et des tourteaux.
Il y a bien sûr quelques variantes à cette alimentation type. En région Limousine, certaines génisses sont abattues jeunes vers 10 à 20 mois. De même, les boeufs issus de races laitières sont sevrés très tôt, reçoivent durant les trois premiers mois de leur vie de l’aliment d’allaitement, du foin, des céréales et des tourteaux avant d’aller au pâturage et sont abattus plus jeunes que les boeufs issus de races à viande.
A l’opposé, certaines génisses de races à viande sont élevées jusqu’à 42-45 mois et font alors souvent un veau, mais leur régime alimentaire reste le même que celui décrit plus haut. Source : Institut de l'élevage.

L'alimentation des jeunes bovins ou taurillons
Les bovins mâles issus du troupeau français peuvent avoir plusieurs destinées.
S'ils sont de race laitière, ils sont orientés soit vers la production de veau de boucherie, soit castrés pour une faible proportion d'entre eux, soit engraissés pour être abattus jeunes vers 18 mois pour produire du " taurillon ".
S'ils sont de race à viande, ils sont soit castrés pour faire des boeufs, soit engraissés pour produire également des taurillons. Cette production de taurillons donne une viande peu colorée. Elle est majoritairement destinée au marché export. Leur alimentation est assez standardisée.
S'ils sont issus de race laitière, ils sont sevrés au cours de leur premier mois et reçoivent alors pendant trois mois un aliment d'allaitement plus du foin ou concentré. S'ils sont issus de race à viande, ils sont sevrés après 8 mois passés avec leur mère au pâturage.
Ensuite, les trois quarts des jeunes bovins produits dans notre pays sont alimentés avec des aliments comportant du maïs-fourrage (plante entière). Cet aliment très énergétique, riche en glucides mais pauvre en protéines, est complémenté avec d'une part, des matières azotées sous forme de céréales, et d'autre part, du tourteau d'oléagineux (ex : tourteau de soja).
Les variantes dans l'alimentation sont liées aux disponibilités régionales. Dans le Nord, région productrice de betteraves sucrières, les pulpes sèches ou surpressées remplacent le maïs-ensilage.
Dans le Sud-Ouest, le maïs-ensilage peut être remplacé par du sorgho ensilé, de la luzerne, et dans d'autres régions, par des céréales aplaties.
Dans certains cas, les jeunes bovins de races laitières peuvent également passer au pâturage entre les âges de 6 mois et un an ; à cet âge, rentrés à l'étable, ils reçoivent l'alimentation décrite précédemment jusqu'à l'abattage qui intervient à l'âge de 20-21 mois.

L’alimentation des agneaux dans les systèmes de production français
Les systèmes de production d’agneaux sont, en France, d’une très grande diversité. Cela est dû au rythme de reproduction rapide de cette espèce, à l’aptitude de certaines races au désaisonnement et à un temps court et modulable nécessaire à l’engraissement final des agneaux.
De plus, l’agneau valorise aussi bien, après sevrage, une alimentation concentrée riche en céréales qu’une alimentation exclusivement à base d’herbe. Mis à part les agneaux issus de troupeau laitier, du Bassin de Roquefort, tous les agneaux produits en France sont engraissés dans l’exploitation où ils sont nés. Ils sont élevés pendant au moins leurs 4 à 5 premières semaines avec leur mère et reçoivent à ce moment une alimentation exclusivement lactée.
Ensuite ils sont nourris avec des fourrages verts ou des fourrages conservés : foin, paille, maïs-ensilage. Leur aliment de complément est, dans la plupart des cas, constitué de céréales, avec de la graine de soja déshuilée appelée tourteau de soja, aliment très riche en protéines. Ils reçoivent également une complémentation minérale et vitaminique.

Concernant l'alimentation des agneaux, on peut distinguer quelques situations typiques, sachant qu'au sein d'une même région ou d'une même exploitation, plusieurs cas de figures sont possibles et que les variations climatiques jouant sur la disponibilité en herbe et en fourrage, peuvent faire varier l'alimentation d'une année sur l'autre.
On peut identifier cependant deux principaux régimes alimentaires : celui des agneaux d'herbe et celui des agneaux de bergerie.

L’alimentation des agneaux d’herbe
Ces agneaux sont essentiellement produits dans les zones herbagères du Nord et de l’Ouest du Massif Central.
Ils naissent à la fin de l’hiver et tètent leur mère pendant environ trois mois ou plus.
Leurs premiers jours se passent en bergerie, le reste de leur existence au pâturage. La plupart sont nourris à l’herbe exclusivement, parfois avec un peu de complémentation en céréales (quelques kilos).
Ils sont abattus entre 35 et 40 kg (les mâles étant en général abattus plus lourds) vers 4 à 5 mois d’âge ; cette durée d’engraissement peut s’allonger.
Certains (moins de 20 % d’entre eux) sont aussi élevés en bergerie. Certaines techniques visent également à engraisser en bergerie les agneaux ayant les plus faibles poids au sevrage. Ces agneaux sont alors alimentés comme des agneaux de bergeries classiques, avec des céréales et du soja.
Dans les zones sèches du sud-est ou du sud-ouest du Massif Central, la finition des agneaux en bergerie peut être systématique après trois mois d’allaitement maternel à l’herbe, du fait de l’insuffisance des disponibilités fourragères estivales dans ces régions.
Les régimes de finition de ces agneaux sont les mêmes que pour les agneaux de bergerie.
Les agneaux d’herbe représentent environ 40 % des agneaux français.

L'alimentation des agneaux de bergerie
Ce mode d'élevage est très vaste car il se retrouve dans des situations très diverses. Les plus classiques sont :
- une production ovine complémentaire de culture dont l'objectif est de valoriser les céréales de l'exploitation. Ce type de situation se retrouve dans de très nombreuses régions : zones de culture du Nord, du Centre, zone de polyculture-élevage de l'Ouest, du Centre-Ouest..
- en production herbagère dite à contre-saison où une partie du troupeau met bas en début d'hiver pour profiter des prix de vente plus élevés de fin d'hiver,
- dans tous les systèmes où les disponibilités fourragères ne permettent pas une alimentation exclusivement à l'herbe.
Tous les agneaux commencent par téter leur mère et passent le plus souvent entre 2 et 3 mois sous leur mère en bergerie. Déjà sous la mère, ils se sont habitués à consommer de l'aliment solide, en général un mélange céréales-soja (1 kg de soja pour 5 kg de céréales environ). Avant le sevrage, cette consommation peut atteindre 15 kg par agneau. Après le sevrage, ils consomment du foin (10 à 15 kg) et du concentré, là encore le plus souvent un mélange céréales-soja.
Cette consommation jusqu'à l'abattage (à 4 mois environ) est de l'ordre de 55 kg dont 8 kg de soja. Selon les conditions d'élevage cela peut être moins ou beaucoup plus.
Cela dépend aussi du type racial de l'agneau, car il existe des races lourdes et des races légères.
Dans cette situation, certains consomment de l'aliment du commerce distribué en granulé. Ces aliments formulés en usine peuvent être de composition variée, avec en général plus de matières premières que dans le cas d'un mélange fabriqué à la ferme par l'éleveur (céréales-soja). Leur composition de base est cependant céréales et sous-produits de céréales, aliments riches en protéines végétales et minéraux.
L’alimentation des équins dans les systèmes de production français
La France, comme certains pays européens, utilise les chevaux de race de trait pour une production spécialisée de viande chevaline. Ces animaux, en croissance puis en finition, proviennent des troupeaux de juments poulinières de races lourdes, conduits dans les zones herbagères de plaine ou de montagne.
La production de viande chevaline s’appuie, soit sur des systèmes de conduite intensifs où les jeunes poulains ont une courte période de finition à l’issue du sevrage, soit sur des systèmes extensifs où les animaux sont alimentés avec des fourrages conservés ou pâturés, et abattus autour de 3 ans. Les rations alimentaires sont à base de fourrages distribués à volonté et associés à une part importante (35-60%) d’aliments concentrés (céréales et luzerne).
L’alimentation du jeune cheval
Dans les systèmes intensifs, les jeunes chevaux sont alimentés à l’auge après le sevrage, à partir de 6-7 mois jusqu’à 10-18 mois selon leur poids au sevrage et la teneur énergétique de la ration. Les poids vifs à l’abattage se situent autour de 450-500kg.
L’alimentation du cheval de trait
Dans les systèmes extensifs, durant le premier hivernage, la vitesse de croissance des poulains est modérée. Leur alimentation est à base de fourrages et faiblement complémentée en aliments concentrés (5-20% de la ration). Ils sont ensuite abattus, soit à l’issue de la saison de pâturage à l’âge de 18 mois (550-580 kg de poids vif), soit, pour les femelles, à l’âge de 22-24 mois (620-670 kg de poids vif).
90% des chevaux de trait âgés de 5 à 18 mois sont abattus à des fins de consommation.

Fonctionnement de l'estomac d'un ruminant
- La vache a quatre estomacs qui lui permettent de ruminer.
La rumination est la première étape de l'alimentation des bovins, mais aussi de nombreux animaux sauvages ou domestiques dénommés ruminants (les cerfs, les zébus, les buffles, les moutons, chèvres, mouflons…). Au pré, un bovin rumine de 8 à 12 heures par jour.La rumination est lente et se décompose en différentes étapes, au cours desquelles les aliments font des allers-retours entre la bouche et les premiers des quatre estomacs que possède la vache : - la panse ou rumen, - le réseau ou bonnet, - le feuillet ou livret, - la caillette.

- La rumination : pour ne pas consommer sur place
Pour que la rumination commence, il faut que la vache se nourrisse. Quand elle broute, elle ne va pas beaucoup mâcher son herbe, mais plutôt l'avaler sous forme de brins assez longs. Ces brins descendent dans l'œsophage et tombent dans le réseau, d'où ils vont directement dans la panse (toutes les minutes).
Une fois que la vache a brouté une grande quantité d'herbe, elle va se coucher au calme. C'est à ce moment-là que la rumination vraie commence. De la panse, les gros brins d'herbe vont être renvoyés vers la bouche, grâce à une contraction du réseau synchronisée avec l'œsophage. De retour dans la bouche, ce bol alimentaire va être mâchonné longtemps. Cette mastication réduit la dimension des particules d'herbe. Pendant cette étape, une forte quantité de salive vient se mélanger à l'herbe : lorsque la vache mastique entre 6 et 8 heures par jour, elle produit entre 160 et 180 litres de salive.
Une fois bien broyés, les petits brins d'herbe retournent dans la panse. Ils vont alors être " attaqués " par les micro-organismes, qui vont commencer à les digérer. Cette intense activité microbienne est une fermentation. Elle se produit en continu, mais un même brin végétal reste dans le rumen de 24 à 48 h, pendant lesquelles il est "attaqué" par les micro-organismes. Cette fermentation fabrique des substances volatiles, qui vont passer à travers la paroi de la panse et être utilisées comme source d'énergie par les organes de la vache. Elles vont aussi participer à la fabrication du lait.
Cette fermentation produit plus de 1 000 litres de gaz par jour. Seuls lesaliments finement broyés en bouillie passent dans les réservoirs suivants : le feuillet, puis la caillette.
La rumination permet aux bovins de ne pas passer toute la journée dans une prairie à mastiquer de l'herbe. Ils peuvent au contraire passer un minimum de temps à brouter et stocker cette herbe dans leur panse. Puis ils vont aller un peu plus loin, à l'abri, et recommencer à les mastiquer. La rumination leur permet de limiter le temps pendant lequel ils sont dans une prairie, "à découvert" et exposés au soleil mais aussi aux prédateurs. Car la domestication des vaches n'est pas trés ancienne et auparavant, il n'y avait pas d'éleveurs pour protéger les vaches sauvages des attaques des carnivores.
- Le feuillet va commencer à trier certains nutriments
Dans le feuillet, la vache va absorber certaines substances contenues dans la "bouillie" d'herbe et de micro-organismes : l'eau, le sodium, le phosphore et d'autres substances volatiles. Le sodium et le phosphore sont récupérés dans le sang et retourneront dans la panse par l'intermédiaire de la salive.
Nota : Grâce à ses lames, qui ont un espacement bien déterminé, le feuillet va aussi fonctionner comme un filtre : les gros brins d'herbe ne peuvent pas descendre. Seules les particules de moins de 2 mm de long peuvent traverser le feuillet : il régularise le transit digestif et prépare le repas de la vache à la digestion vraie qui se fera dans la caillette.
- La caillette fait une digestion acide
La caillette sécrète de l'acide chlorhydrique et de nombreuses enzymes digestives, comme le fait l'estomac des autres animaux non ruminants (le chien, le porc, l'homme…).
Nota : La caillette digère la majorité des graisses (lipides) et les protéines végétales qui ont échappé à la fermentation dans la panse. Elle digère aussi les protéines que les bactéries ont fabriqué dans la panse. Cela représente de 0,5 à 2,5 kg de protéines par jour, fabriquées à partir de l'herbe.
Au terme de ce lent travail, les aliments ne ressemblent plus du tout à des brins d'herbe. Ils passent ensuite dans l'intestin grêle et le gros intestin, où la digestion se poursuit grâce aux sécrétions de la vésicule biliaire et du pancréas… Mais c'est une autre histoire.
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