...ecouter le site...

...navigation en texte...

Qu'appelle-t-on une pandémie grippale ?

Ecoutez
Le virus de la grippe aviaire est proche des virus grippaux humains, équins ou porcins. La circulation concomitante d’un virus grippal humain chez les personnes exposées à un virus aviaire acquis au contact d’élevages de volailles touchés par la grippe aviaire risquerait de favoriser des échanges de matériel génétique entre les deux virus, ce qui pourrait créer les conditions de l’émergence d’un nouveau virus grippal adapté à l’homme. En effet, un tel réassortiment génétique entre ces deux virus pourrait engendrer l’apparition d’un nouveau type de virus susceptible de s’adapter plus facilement à l’homme. Ce mécanisme faciliterait ainsi la transmission inter humaine de ce nouveau type de virus qui pourrait diffuser sur un mode épidémique voire pandémique, comme cela s’est vu dans le passé.
Ces conditions pourraient ainsi être à l'origine d'une nouvelle pandémie de grippe chez les humains.

Pour en savoir plus sur ce qu'on appelle une pandémie grippale

Une pandémie grippale se définit comme une forte augmentation, dans l’espace et dans le temps, des cas de grippe chez l’homme qui finit par diffuser à l’ensemble des pays, accompagnée d’un nombre important de cas graves et d’une mortalité élevée. Elle résulte de l’introduction dans l’espèce humaine, le plus souvent à partir d’un réservoir animal, d’un virus grippal complètement nouveau, vis-à-vis duquel la population n’est pas encore immunisée.
En se basant sur les tendances historiques, on peut s’attendre en moyenne à trois à quatre pandémies par siècle, avec l’émergence de nouveaux sous-types viraux se transmettant facilement d’une personne à l’autre. Mais il est impossible de prévoir le moment exact où elles surgissent. Au vingtième siècle, la grande pandémie de 1918 -1919 « grippe espagnole », qui a provoqué plusieurs dizaines de millions de morts dans le monde, a été suivie par deux autres pandémies en 1957-1958 et 1968-1969. En France, la pandémie de 1968-1969 a été à l’origine de 30 000 cas graves avec complications et de 18 000 décès.

L’apparition d’un virus grippal nouveau n’entraîne pas inévitablement une pandémie. Par exemple, au cours de l’épisode de la grippe dite du poulet à Hong-Kong en 1997, l’apparition d’un nouveau virus grippal n’a pas débouché sur une pandémie probablement parce que le virus aviaire n’était transmissible que par les volailles vivantes. La suppression de la source de contamination par l’abattage rapide de toutes les volailles de Hong-Kong (soit environ 1 million et demi d’oiseaux en 3 jours) a permis de faire disparaître le danger et les possibilités de nouvelles transmissions directes à l’homme.

Le risque majeur pour l’Homme représenté par les virus aviaires est leur recombinaison avec une souche virale humaine. Cette recombinaison pourrait survenir chez un hôte intermédiaire, le porc, à l’occasion d’une co-infection chez cet animal avec un virus humain et un virus d’oiseau.
Une hypothèse place l’espèce porcine au cœur des événements qui conduisent à l’émergence de nouveaux virus humains. On a longtemps pensé que les conditions favorables à l’apparition de variations antigéniques majeures sont réunies lorsque l’homme vit à proximité immédiate des volailles et des porcs. Comme les porcs sont sensibles aux infections à la fois par les virus aviaires et les virus des mammifères, notamment les souches humaines, ils peuvent servir de «creuset» pour le mélange du matériel génétique des virus humains et aviaires et l’apparition d’un nouveau sous-type.
Cependant, les événements récents ont permis d’établir un deuxième mécanisme possible. Des faits de plus en plus nombreux montrent que, pour au moins quelques-uns des 15 sous-types de virus aviaires circulant dans les populations d’oiseaux, c’est l’homme lui-même qui peut servir de «creuset». La propagation de l’infection chez les oiseaux augmente les possibilités d’infection directe de l’homme. Si le nombre des cas d’infection humaine augmente dans le temps, la probabilité s’accroît aussi que des personnes, infectées simultanément par des souches humaines et aviaires, servent de «creuset» pour l’apparition d’un nouveau sous-type ayant suffisamment de gènes provenant du virus humain pour avoir la possibilité de se transmettre facilement d’une personne à l’autre.

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, la FAO, précise qu’aucun lien n’a été établi entre l’épidémie de grippe aviaire actuelle en Asie et une possible contamination des porcs par le virus H5N1, et ce malgré des données ayant identifié des porcs porteurs du virus (Institut vétérinaire de Harbin en Chine, août 2004). De plus, il faut noter qu’au plus fort de l’épidémie de grippe H5N1 dans les volailles du Vietnam, en début d’année 2004, les nombreux tests effectués n’ont pas mis en évidence de contamination des porcs présents dans les exploitations où les volailles ont été le plus atteintes. En outre, les autorités de Hong-Kong font régulièrement des dépistages aléatoires du virus grippal H5 chez les porcs importés de Chine continentale sans avoir découvert à ce jour de contamination.